Et si c’était le cortisol qui me faisait prendre du poids ? Comment la naturopathie peut m’aider ?

 

Tu as l’impression de faire attention à ce que tu manges, de manger plutôt sainement… et pourtant, les kilos s’installent petit à petit. Ton ventre gonfle, ta silhouette change et tu ne comprends pas vraiment pourquoi. Tu as peut-être entendu parler du cortisol, cette fameuse « hormone du stress ». Sur les réseaux sociaux, on en parle beaucoup : « J’ai trop de cortisol », « mon cortisol m’empêche de perdre du poids », « il faut faire baisser son cortisol pour maigrir »… Mais est-ce vraiment aussi simple que ça ?

Le cortisol peut-il réellement favoriser une prise de poids ? Et surtout, comment savoir ce qui se cache derrière ces kilos qui s’installent ? Est-ce le stress, le manque de sommeil, une alimentation déséquilibrée, les émotions, les changements hormonaux… ou tout simplement plusieurs de ces facteurs qui se sont accumulés progressivement ?

C’est là qu’il est intéressant de prendre un peu de recul. Plutôt que de chercher à tout prix à « faire baisser son cortisol », il est plus utile de regarder l’ensemble de son hygiène de vie et de comprendre ce que le corps essaie de nous dire.

La naturopathie peut justement être une approche intéressante pour faire ce point globalement : sommeil, alimentation, stress, activité physique, gestion des émotions… et identifier les habitudes qui peuvent entretenir la fatigue, les envies de sucre, les grignotages ou encore les difficultés à perdre du poids.

Parce que finalement, le problème n’est pas toujours de savoir comment faire baisser le cortisol. Il s’agit surtout de comprendre pourquoi ton corps est en difficulté et de quoi il a réellement besoin.

 

Qu’est-ce que le cortisol ?

Le cortisol est une hormone que notre corps fabrique naturellement, au niveau des glandes surrénales. Et contrairement à ce que l’on peut parfois entendre, le cortisol n’est pas une « mauvaise » hormone. Bien au contraire, elle est indispensable au bon fonctionnement de notre corps.

Elle intervient notamment dans la gestion de notre glycémie, de notre tension artérielle, dans le fonctionnement du système immunitaire, mais aussi dans notre niveau d’éveil et d’énergie.

Notre taux de cortisol évolue naturellement au cours de la journée. Il est généralement plus élevé le matin pour nous aider à démarrer, puis il diminue progressivement pour permettre à notre organisme de se préparer au repos et au sommeil. Il peut aussi être influencé par notre rythme de vie : la qualité de notre sommeil, notre alimentation, notre activité physique, mais aussi les périodes de stress que nous traversons.

Le cortisol n’est donc pas à considérer comme notre ennemi. Avoir du stress ou traverser une période stressante ne veut pas forcément dire que l’on a « trop de cortisol » ou que l’on souffre d’un problème hormonal. Et cette différence est importante, surtout lorsque l’on parle de prise de poids. Car entre un stress ponctuel, un stress qui s’installe dans la durée et un véritable excès pathologique de cortisol, il y a une grande différence.

 

Cortisol et prise de poids : quel est réellement le lien ?

Le stress peut effectivement avoir une influence sur le poids, mais souvent de façon indirecte. Quand tu es stressée, fatiguée ou que tu traverses une période où tu es beaucoup sollicitée émotionnellement, ton comportement peut changer sans même que tu t’en rendes vraiment compte.

Lorsque tu es stressée, ton organisme libère du cortisol pour t’aider à faire face à la situation stressante. Parmi ses effets, il peut entraîner une augmentation de la glycémie afin de mettre rapidement de l’énergie à disposition du corps. Si ces épisodes de stress se répètent souvent, ces variations de glycémie peuvent être plus fréquentes. En réponse, le pancréas libère de l’insuline pour faire redescendre le sucre dans le sang. À la longue, ce fonctionnement peut favoriser le stockage de l’énergie, notamment lorsqu’il s’accompagne d’une alimentation plus riche, de fringales ou d’un manque d’activité.

Le cortisol ne fait donc pas grossir à lui seul

Néanmoins le stress chronique peut, indirectement, créer un terrain moins favorable à la régulation de ton poids.

Tu peux par exemple :

  • avoir davantage envie de sucre dans la journée ;
  • te mettre à grignoter entre les repas ;
  • manger plus vite, parfois sans vraiment prendre le temps de savourer ;
  • avoir davantage besoin d’aliments réconfortants ;
  • avoir moins envie de cuisiner et te tourner plus facilement vers des repas rapides ;
  • faire moins d’activité physique parce que tu es fatiguée ;
  • avoir un sommeil moins réparateur ;
  • augmenter ta consommation de café pour tenir la journée ;
  • avoir plus de mal à reconnaître tes sensations de faim et de satiété.

Et c’est souvent tout cet ensemble qui, petit à petit, peut favoriser une prise de poids. Ce n’est donc pas forcément le cortisol lui-même qui « fait grossir ». Le stress peut plutôt venir perturber ton sommeil, ton alimentation, tes envies, ton niveau d’activité et ta façon de gérer tes émotions… et c’est cette accumulation qui peut finir par se ressentir sur le poids. Le stress peut donc avoir sa place dans l’équation, mais il serait trop facile de dire : « Je grossis parce que j’ai trop de cortisol. »

Comme souvent en naturopathie, il est plus intéressant de regarder l’ensemble de la situation plutôt que de chercher une seule cause.

 

Pourquoi le manque de sommeil peut-il favoriser la prise de poids ?

 

C’est un point souvent sous-estimé chez certaines de mes consultantes. Tu dors mal, tu te réveilles plusieurs fois pendant la nuit, tu te couches tard ou tu as simplement l’impression de ne jamais récupérer ? Ton alimentation peut progressivement s’en ressentir. Le manque de sommeil peut augmenter l’appétit et favoriser les envies d’aliments gras ou sucrés ainsi que le grignotage. Le sommeil participe également à la régulation de plusieurs hormones impliquées dans l’appétit et le métabolisme.

Mais concrètement comment cela se passe pour toi après une mauvaise nuit ?

Je te laisse imaginée : Tu te réveilles fatiguée. Tu vas prendre un café, car tu en as besoin pour démarrer ta journée et avoir l’énergie dont tu manques. À 10 h 30, tu as déjà envie de quelque chose de sucré. À midi, tu manges rapidement car tu es au travail et tu n’as pas le temps pour prendre ton repas. Dans l’après-midi, la fatigue revient et tu prends un biscuit ou un carré de chocolat. Le soir, tu es épuisée et tu as moins de motivation pour préparer un repas équilibré. Et puis, devant la télévision, vient cette petite envie de douceur : une glace, quelques carrés de chocolat… juste pour te faire du bien après cette journée. Je viens de te décrire une journée qui peut sembler tout à fait banale.

Mais qu’est-ce que tu constates ?

Le manque de sommeil a finalement influencé toute ta journée.

Plus de fatigue, davantage d’envies de sucre, des repas pris rapidement, du grignotage et moins d’envie de cuisiner ou de bouger. Et tout cela peut avoir commencé simplement parce que tu n’as pas suffisamment dormi. Et pourtant, ce que tu vas peut-être te dire, c’est : « Je fais attention à ce que je mange, mais je grossis à cause de mes hormones. »

Alors oui, les hormones peuvent jouer un rôle dans les changements de poids. Mais avant de tout leur mettre sur le dos, il est intéressant de regarder aussi ce qui se passe au quotidien. Parce qu’une accumulation de fatigue, un sommeil insuffisant, des envies de sucre, du grignotage et un manque de récupération peuvent, eux aussi, finir par peser dans la balance.

cortisol et prise de poids, kilos

Le stress peut-il augmenter les envies de sucre ?

Chez certaines personnes, oui. Quand tu es stressée, fatiguée ou que tu traverses une période émotionnellement difficile, tu peux avoir davantage envie de certains aliments, notamment ceux qui apportent rapidement du plaisir ou une sensation de réconfort. Dans ces moments-là, l’envie de manger n’est pas forcément liée à une vraie faim physique.

Tu peux avoir envie de manger alors que ton corps n’a pas réellement besoin d’énergie. On parle alors souvent de faim émotionnelle ou de prise alimentaire émotionnelle. Imagine : tu rentres d’une journée difficile et tu te dis : « J’ai bien mérité un petit morceau de chocolat. » Puis un deuxième… Et finalement, tu termines la tablette. Ou tu prends quelques biscuits en passant, sans vraiment avoir faim et sans même toujours te rendre compte de la quantité que tu manges. Le lendemain, tu culpabilises et tu te dis : « Cette fois, j’arrête complètement le sucre ! ». Tu tiens quelques jours… puis une nouvelle fatigue, une contrariété ou une journée stressante fait revenir cette envie. Et le cercle peut recommencer.

Le problème n’est donc pas forcément simplement le sucre. Il peut être intéressant de chercher à comprendre ce qui se passe au moment où l’envie de manger apparaît. Est-ce que tu as vraiment faim ? Ou est-ce plutôt de la fatigue ? De l’ennui ? Du stress ? … Il ne s’agit pas de culpabiliser lorsque cela arrive.

Au contraire, observer ces moments sans se juger peut déjà permettre de mieux comprendre ses habitudes alimentaires. Et cette observation peut être particulièrement intéressante lorsque l’on souhaite perdre du poids, car elle permet de travailler sur les véritables déclencheurs des prises alimentaires plutôt que de se contenter de supprimer encore et encore certains aliments.

Le rôle des émotions dans la prise de poids

L’alimentation n’est pas uniquement une question de nutrition. Nous mangeons aussi pour nous faire plaisir, partager un bon moment avec les autres, nous réconforter ou simplement nous détendre. Et c’est complètement humain. Là où cela peut devenir plus compliqué, c’est lorsque la nourriture devient l’une de nos principales façons de gérer nos émotions ou de faire face à certaines situations.

Une journée stressante au travail ? Une grosse fatigue ? De la tristesse, de la colère, de l’ennui ? Une envie de se récompenser après une journée difficile ? Dans ces moments-là, certaines personnes vont avoir davantage tendance à se tourner vers la nourriture, notamment vers des aliments réconfortants ou très sucrés. Cela ne signifie pas que chaque envie de manger est forcément émotionnelle.

Mais lorsque cela devient fréquent et que l’on mange régulièrement sans avoir réellement faim, il peut être intéressant de se demander ce qui se passe derrière cette envie de manger. Dans ce contexte, faire simplement un régime alimentaire ne suffit pas toujours. Il peut être beaucoup plus intéressant de travailler aussi sur sa relation à l’alimentation, d’identifier les situations qui déclenchent les prises alimentaires et de trouver d’autres façons de répondre à ses émotions ou à ses besoins.

L’objectif n’est pas de supprimer le plaisir de manger, mais de retrouver progressivement une alimentation plus sereine, où l’on peut manger par faim, par plaisir ou par envie, sans que la nourriture devienne la seule réponse à nos émotions.  

Alors, comment faire pour réguler son cortisol  naturellement ?

Avant tout, il faut remettre les choses dans leur contexte. Le but n’est pas de chercher à faire baisser son cortisol à tout prix. Comme nous l’avons vu, le cortisol est une hormone normale et indispensable au bon fonctionnement de notre organisme.

En dehors de certaines pathologies endocriniennes bien précises, il n’est donc pas nécessaire de chercher à réguler son taux de cortisol au quotidien.

En revanche, ce qui peut vraiment faire la différence, c’est de mettre en place de bonnes habitudes pour mieux gérer son stress, améliorer son sommeil, avoir une alimentation adaptée et retrouver un meilleur équilibre de vie. Et c’est justement là que la naturopathie peut avoir toute sa place : prendre en compte la personne dans sa globalité et chercher ce qui, dans son quotidien, peut être amélioré pour l’aider à se sentir mieux.  

Cortisol, ménopause et prise de poids : attention aux raccourcis

C’est après 40 ans, et particulièrement à l’approche de la périménopause puis de la ménopause, que beaucoup de femmes commencent à constater que leur corps change. Et c’est souvent à ce moment-là que l’on va chercher des réponses sur les réseaux sociaux… et que l’on finit par soupçonner le cortisol d’être responsable de cette prise de poids. Le poids peut devenir plus difficile à perdre ou à stabiliser, la masse musculaire peut diminuer et les graisses peuvent avoir tendance à se stocker différemment, notamment au niveau du ventre. Il serait alors facile de tout mettre sur le dos du cortisol : « C’est mon cortisol qui me fait grossir ! »

Mais, encore une fois, ce n’est pas aussi simple. Comme nous l’avons vu précédemment, plusieurs facteurs peuvent entrer en jeu en même temps : ton sommeil, tes habitudes alimentaires qui ont peut-être changé, ta masse musculaire qui peut diminuer, la gestion du stress et des émotions qui peut devenir plus difficile, ton transit ralentit…

Et bien sûr, les changements hormonaux liés à cette période peuvent également modifier la façon dont ton corps fonctionne et évolue. Tout cela peut se cumuler et expliquer pourquoi tu as parfois l’impression que ton corps ne réagit plus comme avant.

C’est pourquoi il est plus intéressant de regarder l’ensemble de ton terrain et de tes habitudes plutôt que de chercher un seul responsable. Le cortisol peut avoir sa place dans cette équation, mais il n’est certainement pas le seul élément à prendre en compte.  

Quand faut-il prendre au sérieux un problème de cortisol ?

Il est aussi important de faire la différence entre le stress que l’on peut avoir au quotidien et un véritable problème hormonal. Les maladies liées à un excès de cortisol sont heureusement rares. Le syndrome de Cushing, par exemple, correspond à une exposition trop importante et prolongée de l’organisme au cortisol. Il peut entraîner différents symptômes : une prise de poids particulière, surtout au niveau du visage et du haut du corps, une perte de masse musculaire, une tension artérielle élevée, des problèmes au niveau de la glycémie ou encore une fragilisation des os.

Dans ce type de situation, il est nécessaire d’avoir un diagnostic médical et une prise en charge adaptée. Il ne faut donc pas chercher à se diagnostiquer soi-même un « excès de cortisol » simplement parce que tu as pris du poids, que tu es fatiguée ou que ton ventre est devenu plus rond. Si tu constates une prise de poids importante et inexpliquée, ou des symptômes qui te semblent inhabituels, le mieux est d’en parler à ton médecin. Lui seul pourra déterminer s’il est nécessaire de faire des examens complémentaires.    

En conclusion : avant d’accuser le cortisol, regardes ton quotidien

 

Le cortisol fait-il grossir ? C’est une hormone qui nous est indispensable et ne doit pas être considéré comme l’ennemi numéro un de notre poids. Le stress peut en revanche influencer ton comportement, ton sommeil, ton appétit et tes envies alimentaires et ces changements peuvent favoriser une prise de poids. Mais avant d’accuser le cortisol, regardes ton hygiène de vie et ton quotidien. Si tu as pris quelques kilos, ne cherche pas immédiatement un responsable hormonal.

Le cortisol n’est peut-être pas la cause de ta prise de poids. Au fil du temps, tes habitudes alimentaires ont peut-être changé sans que tu t’en rendes vraiment compte. Tu as peut-être davantage envie de sucre parce que tu es plus fatiguée, tu grignotes un peu plus, tu bouges moins ou certaines émotions te poussent à manger davantage. Une résistance à l’insuline peut également apparaître chez certaines personnes au fil du temps, en fonction de différents facteurs comme l’alimentation, l’activité physique, le poids, le sommeil ou encore la génétique. Mais ce n’est pas systématique et cela ne peut pas être déduit simplement d’une prise de poids.

 

À l’approche de la ménopause

Les changements hormonaux peuvent aussi modifier la répartition des graisses, favoriser une diminution progressive de la masse musculaire et rendre parfois la gestion du poids plus difficile. Et tout cela peut s’installer très progressivement, parfois sans même que tu t’en rendes compte. Pour autant, se lancer dans un régime drastique n’est pas forcément la solution. Commence plutôt par observer ce qui se passe réellement dans ton quotidien. Ton alimentation, ton sommeil, ton niveau de fatigue, ton activité physique, tes envies de sucre, tes émotions… Écoute ton corps et avance progressivement. Et si tu as besoin d’un regard extérieur pour comprendre ce qui peut être amélioré, fais-toi accompagner.

La perte de poids ne se résume pas à une seule hormone. Elle dépend d’un ensemble de facteurs : alimentation, sommeil, activité physique, masse musculaire, stress, émotions, habitudes et contexte de vie. Et c’est justement cette vision globale qui peut rendre un accompagnement en naturopathie intéressant. Ecoute ton corps, il te parle, il faut savoir l’écouter pour prendre soin de soi.  

 

N’oublies pas que le bien-être est un jardin potager qui se cultive.

 

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Prends soin de toi. Nathalie.  

 

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